L’art urbain s’introduit au Carré de Baudouin

Le mur d'enceinte du pavillon Carré de Baudouin aux couleurs de l'art urbain. Photo : F. Rieunier
Tigres, ombres mystérieuses, flamands roses, bonshommes blancs aux multiples postures, hippopotames : telle est la faune que le visiteur peut admirer au Carré de Baudouin, rue de Ménilmontant, jusqu’au 29 août.
A travers l’exposition Art urbain, l’espace rend hommage à quatre figures qui animent les rues du XXe. Ils font cohabiter ici zèbres et guépards ou transforment là une lézarde en un éclair foudroyant un passant. Bref, quatre artistes qui redonnent vie à de tristes façades laissées à l’abandon et à la décrépitude.
Ainsi Jérôme Mesnager habille-t-il les façades parisiennes de ses personnages aux faux airs de pantins blancs désarticulés. Qu’ils courent après des oiseaux, fassent voler un cerf-volant ou escaladent un mur, ils témoignent d’une dynamique et d’une fraîcheur surprenantes face à l’apparente simplicité de leur composition.
Pochoirs
A l’occasion, ils partagent l’affiche avec l’énigmatique silhouette noire d’un homme portant imperméable et chapeau, buvant un verre ou se lançant dans une acrobatique ronde aérienne. Ces ombres sont l’œuvre de Nemo. Un autodidacte dont les pochoirs font s’interroger depuis plusieurs années nombre de passants sur l’identité de leur auteur et qui ont poussé Daniel Pennac à lui consacrer un ouvrage*.
« Alternative à la grisaille »
Le procédé artistique est le même pour les Mosko et associés qui disent en plaisantant : « on fait des pochoirs parce qu’on ne sait pas dessiner. »
Contrairement à Jérôme Mesnager et Nemo, ils préfèrent représenter une multiplicité d’espèces animales plutôt que des figures humaines. Eléphants, tigres, taureaux, chevaux, chats et papillons composent le bestiaire coloré à travers lequel ils investissent l’espace urbain. Pour proposer « une alternative à la grisaille », comme ils définissent leur travail dans un des six films projetés durant l’exposition.
Témoin de ces différentes réalisations murales, l’objectif du photographe Gérard Faure complète l’ensemble. Ses clichés s’ajoutent aux œuvres présentées au Carré de Baudouin et donnent à voir, in situ, celles qui s’obstinent à rester à l’extérieur. Ce serait bête d’enfermer une girafe par un si beau temps.
*Nemo par Pennac, Daniel Pennac, Hoëbeke (2006)

La nature s'immisce en ville grâce aux pochoirs des Mosko et Associés. Photo : F. Rieunier
Art Urbain, jusqu’au 29 août 2009
Entrée libre, du mardi au samedi de 11h à 18h
Plus de renseignements sur le site de la mairie du XXe











