Paris Jeunes Talents : tout est dans le nom 14/06/10

Paris Jeunes Talents : tout est dans le nom

La musique de This Is The Hello Monster fait parfois penser aux incursions expérimentales d'Eels. Photo : Annaïg Anquetil

La musique de This Is The Hello Monster fait parfois penser aux incursions expérimentales d'Eels. Photo : Annaïg Anquetil

Photos, courts métrages et performances théâtrales : autant de disciplines à travers lesquelles s’exprimaient les lauréats des Prix Paris Jeunes Talents, à la Bellevilloise, jeudi 10 juin 2010, à l’occasion de la clôture du festival. Mais la reine de la soirée était bien sûr la musique.

« Moitié de Hip-Hop »

This Is The Hello Monster a ouvert le bal, porté par Gérald Kurdian. Mêlant folk et électro, celui-ci assure seul le chant, le clavier et les effets sonores de toutes sortes – oiseaux factices et hurlements pré-enregistrés compris. Arborant gilet et chemise à petits carreaux, il dégage un parfum légèrement désuet, que ne renient pas certaines de ses notes de piano au timbre délicatement suranné – parfois malheureusement égratigné par une sono pas toujours au point.

Si sa musique a quelques penchants mélancoliques, ce garçon ne manque pas d’humour. Comme au moment d’annoncer sa dernière chanson. « Elle s’appelle Hip en live, Hop sur le CD, ce qui fait une moitié de Hip-Hop pour chacune. »

Ardzen, un mélange entre rap et blues groovy. Photo : Annaïg Anquetil

Ardzen, un mélange entre rap et blues groovy. Photo : Annaïg Anquetil

Delta blues

Le solo a ensuite fait place au duo. En l’occurrence, à Ardzen qui marie habilement rap et blues, en dépit d’un premier titre décevant (et exécuté à l’ordinateur). Heureusement, dès lors que claque la guitare sur le deuxième morceau, on se sent rassuré. A la fois groove et intimiste, il donne véritablement l’impression que le vent du delta du Mississipi va se mettre à souffler. A se demander si le guitariste n’est pas un descendant de Robert Johnson, bien que la ressemblance physique soit plus proche de Ramzy.

Formation plus classique que les deux précédentes, You and You propose un folk de bon aloi. Photo : Annaïg Anquetil

Formation plus classique que les deux précédentes, You and You propose un folk de bon aloi. Photo : Annaïg Anquetil

Envolées extatiques

Si la soirée avait été un repas dans une crêperie, le dernier plat aurait été une complète. Chant, guitare, basse, batterie : la formule est connue. Elle n’en est pas moins efficace. You and You délivre un folk énergique séduisant. Un noyau dur de fans était d’ailleurs venu l’acclamer, accueillant chaque annonce de chanson par une salve d’applaudissements. Et plus particulièrement sur l’avant-dernier morceau aux envolées franchement extatiques. Ou encore sur l’ultime rappel auquel le chanteur, Félix Pérez, a répondu seul pour interpréter a cappella un titre de la bande originale d’O’Brother. « Si vous voulez taper dans vos mains, ça le fait. » Et ça le fit.

Merci à Annaïg Anquetil pour ses photos.

La Bellevilloise – 19/21, rue Boyer, 75020 Paris