Syd Matters fait rêver la Maroquinerie

Originaire du 20e, Jonathan Morali (à droite) revient un peu aux sources lorsqu'il joue à la Maroquinerie. Photo : Bertrand Noël
Mardi 1er juin, la Maroquinerie ne proposait pas un un, ni même deux, mais bien trois concerts ! Syd Matters a été précédé en premier lieu du groupe d’un de ses membres : Olivier Marguerit et son My Girlfriend Is Better Than Yours, dans lequel il officie auprès de Laurie Lassale. Le duo ne s’est pas laissé déstabiliser par la nature embryonnaire de sa notoriété. Il s’en est amusé. « On va vous jouer un nouveau morceau. Mais peut-être que pour vous ils sont tous nouveaux. » Et d’enchaîner sur sa pop psychédélique. Un peu avant de s’éclipser, c’est avec une blague pince-sans-rire que le groupe a tiré sa révérence. « Le prochain et dernier morceau s’appelle Everybody Wants To Die (tout le monde veut mourir, ndlr). J’aimerais vous le dédier. »
Sommeil agité
Après eux, un artiste solo. Le talentueux guitariste et chanteur britannique Thos Henley. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas et salue avec force applaudissements la plupart de ses titres. A la fois dépassé et intimidé par ce succès, l’artiste se laisse pourtant enivrer. Et va jusqu’à exécuter un titre totalement en acoustique, avec sa seule guitare et sans micro, en plein milieu de la fosse. « Le meilleur concert de ma vie », avouera-t-il avant de céder la place. C’est ensuite au tour de Syd Matters de camper son univers onirique sur le devant de la scène. Onirique ? Pas toujours en réalité. Ou alors, il s’agit de rêves venus lors d’un sommeil agité. Comme lorsque le groupe attaque Cloudflakes. Les vagues se soulèvent. La mer gronde. Peu à peu les éléments se déchaîne jusqu’à une explosion d’écume qui souffle le spectateur, grisé par de tels embruns.

Dans les coulisses de la Maroquinerie, Jonathan Morali a accepté d'être photographié pour le75020.fr. Photos : Bertrand Noël
Syd Matters, une musique juste jolie ?
Les choses se calment ensuite. La folk reprend ses droits et l’on pense plus à la douce pluie de Simon & Garfunkel qu’à un orage en pleine mer. Une beauté plus habituelle dans la musique de la formation. Et dont Jonathan Morali, son fondateur, commence à se lasser, comme il nous le confiait récemment en parlant de son prochain album. « Il y a un moment où le fait qu’on me dise : « oh, Syd Matters, c’est beau, c’est très beau, c’est joli », c’est presque devenu un truc que je peux plus entendre. J’en ai marre, je me dis : est-ce que je suis capable de faire quelque chose de plus large que juste : c’est joli ? » Réponse le 30 août, avec la sortie du nouvel album de Syd Matters, Brotherocean.











