Tchéky Karyo hypnotise la Flèche d’Or 30/03/10

Tchéky Karyo hypnotise la Flèche d’Or

C'est avec surprise qu'on découvre sur scène un Tchéky Karyo crooner et sensible, loin de l'image de brute qu'il a souvent portée à l'écran. Photo : Maxime Guillon

C'est avec surprise qu'on découvre sur scène un Tchéky Karyo crooner et sensible, loin de l'image de brute qu'il a souvent portée à l'écran. Photo : M. Guillon

Inutile de le cacher : c’est avec un certain scepticisme que le75020.fr arrive à la Flèche d’Or, le 23 mars 2010. Après avoir jeté une oreille au MySpace de Tchéky Karyo, à l’affiche ce soir-là, on a quelques doutes sur le concert à venir. L’homme qui a incarné un flic sans scrupules dans Dobermann s’est mis à la musique… mais sa voix rocailleuse est devenue suave. On craint un show aux accents sirupeux…

Pourtant, sur scène l’impression n’est plus la même. Après quelques notes de piano, le chanteur se lance… a cappella. Les yeux fermés, ses mains agrippent le pied du micro. Tchéky Karyo se livre sans fard. Il ne joue pas mais vit son texte, porté par des mélodies flirtant avec le blues, le jazz et le flamenco. D’abord silencieux entre les deux premiers morceaux, il se contente d’un simple « bonsoir » à la fin du deuxième ; scrutant le public, ému.

Sur scène, Tchéky Karyo vit ses morceaux avec sincérité, qu'il s'agisse de blues, de jazz ou de flamenco. Photo : M. Guillon

Sur scène, Tchéky Karyo vit ses morceaux avec sincérité, qu'il s'agisse de blues, de jazz ou de flamenco. Photo : M. Guillon

Chanteurs professionnels

Le mélomane n’en est pourtant pas à sa première scène. Après avoir sorti un premier album en 2006 (Ce lien qui nous unit, Mercury), il a défendu ses morceaux dans plusieurs salles, en majeure partie à Paris. Mais il garde et entretient cette fraîcheur touchante des débutants, la maladresse en moins. Ainsi demande-t-il aux spectateurs :

- Est-ce que je fais comme les chanteurs professionnels et je vous demande de réagir plus fort ?
- Oui !
- PLUS FORT !

Elégance gainsbourgienne

Suit une chanson en espagnol où il déploie une énergie brute détonante. Pour un peu, on aurait l’impression d’avoir poussé les battants du saloon et de sentir le plancher coller. Les pieds du crooner claquent sur le sol. Sa voix se fait par instants violemment gutturale. Où est celui qui, quelques minutes avant, récitait un poème avec une élégance toute gainsbourgienne ?

Un poème qui a d’ailleurs marqué un illustre spectateur. Venu voir son ami sur scène pour la première fois, Jean-Claude Dreyfus a particulièrement apprécié ce texte. Mais pas seulement. « Je n’ai pas été déçu, j’ai trouvé [le concert] formidable. » Il reconnaît qu’il savait un peu à quoi s’attendre puisqu’il partage le même pianiste que Tchéky Karyo (Thomas Février), lorsqu’il s’adonne à la musique.

Venu voir son ami sur scène, Jean-Claude Dreyfus a trouvé le spectacle "formidable". Photo : M. Guillon

Venu voir son ami sur scène, Jean-Claude Dreyfus a trouvé le spectacle "formidable". Photo : M. Guillon

Photos : Maxime Guillon

75020 Paris, France

La Flèche d’Or – 102 bis, rue de Bagnolet, 75020 Paris