La Miroiterie défile dans la joie malgré l’expulsion

« Exister dans les interstices de la ville, occuper temporairement ses friches, vivre au plus intime des quartiers, sans être attaqués, traînés en justice, vilipendés ». Ils étaient une centaine d’artistes et de sympathisants de La Miroiterie à manifester dimanche 14 mars pour dénoncer la décision du tribunal de Paris qui leur a donné l’ordre d’évacuer les lieux, vendus à un promoteur immobilier.

Habillés de combinaisons blanches et bêlant comme des moutons, car « artistes appelés à rentrer dans le rang », ils ont défilé, suscitant les sourires des passants tout au long du parcours qui s’étendait du 88, rue de Ménilmontant à l’Hôtel de Ville. Les manifestants ont ensuite décidé de prolonger la manifestation jusqu’au Centre Pompidou à Beaubourg. « La Miroiterie proposait depuis 10 ans de la culture de qualité au plus grand nombre, chose qu’aucun lieu de culture officiel n’a réussi faire à ce point » expliquait, un brin désabusé, Michel Ktu, artiste peintre de la Miroiterie.

Le 14 mars, date symbolique, coïncidait avec la fin de la trêve hivernale. « La police peut venir nous évacuer d’un moment à l’autre à partir d’aujourd’hui » expliquait encore Michel Ktu. « On a commencé à vider les ateliers pour mettre à l’abri certaines œuvres de peur que les policiers cassent tout en arrivant. (…) Je suis là depuis le début de la Miroiterie, c’est dur de voir tout ça s’arrêter ».

75020 Paris, France

La Miroiterie – 88, rue de Ménilmontant, 75020 Paris