La Villa des Hauts-de-Belleville veut retrouver ses racines

La mosaïque du cinquantenaire de l'immeuble. Photo : Anne Sachs
Après avoir fêté son cinquantenaire il y a deux ans, l’habitat communautaire de la Villa des Hauts-de-Belleville semble aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire. Deux générations s’opposent. Celle des Trente Glorieuses – à la tête du conseil syndical – et celle des années 1980, soucieuse de revenir à la philosophie du père Thouvenin.
Rien ne va plus. Les baby-boomers, qui ont hérité des appartements de leurs proches et vécu la loi Chalandon, freinent les ardeurs collectivistes de la nouvelle génération. Refus de l’ouverture de l’immeuble aux Amap mais aussi des nouvelles technologies, location des pièces collectives en dépit du règlement de la copropriété, etc. Quand le communautaire cède le pas au communautarisme, c’est l’ensemble de l’édifice qui vacille…
Le choc des générations
Si les logiques de pouvoir ont pris le pas sur l’idéal d’antan, « c’est aussi parce que l’immeuble est un reflet de la société dans son entier », explique un locataire. Le choc des générations est manifeste pour cet habitant de la Villa : « Les dirigeants d’aujourd’hui voient d’un mauvais oeil toutes les tentatives pour réhabiliter l’idéal du père Thouvenin parce qu’ils sont incapables de penser collectif. Ils sont devenus propriétaires aisément (au moment de la loi Chalandon, les anciens avaient déjà pratiquement remboursé le crédit contracté pour la construction de l’immeuble) et obtenu les bénéfices du travail collectif de leurs aînés. »

L'architecture de l'immeuble, d'inspiration Le Corbusier. Photo : Anne Sachs
Vers un renouveau du lien communautaire ?
Néanmoins, le bilan n’est pas si noir : « Les mentalités changent lentement », explique un autre habitant. Pour preuve, le revirement opéré sur la question de la location des salles collectives, hier payante et redevenu gratuite récemment.
Malgré ces espoirs, la jeune génération est en passe de baisser les bras : « on en a marre », lâche l’une de ses représentantes. « On est parfois perçu comme des brebis galeuses alors qu’on se bat pour l’idéal communautaire. Notre volonté de transparence et notre refus de transiger avec les égoïsmes nous placent parfois dans une position délicate que ne manquent pas d’exploiter certains membres du conseil désirant se maintenir en place. » Les deux logiques pourront-elles s’affronter encore longtemps ? Une page de l’histoire de la Villa des Hauts-de-Belleville est en train de se tourner, son avenir est encore à écrire.











Quelle horreur ! Je n’avais pas l’impression de vivre dans un immeuble en état de guerre. Me voilà renseignée, autour de moi paraît il deux générations s’affrontent.
Je ne savais pas non plus (heureusement qu’il existe des gens qui savent), que je faisais partie d’une génération privilégiée ! Que tout m’était tombé tout cuit dans le bec (ouvert et avide bien entendu).
Qui se permet de dire « Ils sont devenus propriétaires aisément (au moment de la loi Chalandon, les anciens avaient déjà pratiquement remboursé le crédit contracté pour la construction de l’immeuble) et obtenu les bénéfices du travail collectif de leurs aînés. » ? De qui parle t-il ?
Comment peut on rayé d’un coup de plume facile les efforts faits par des gens modestes pour qui l’accession à la propriété n’aurait pas été possible sans ces dispositions. A moins que ce ne soit pas normal que des ouvriers puissent posséder quelque chose. Aux bourgeois le capital, aux ouvriers le travail, est cela que ce discours veut dire ?
Il ne faut pas se tromper de cible, certes Proudhon a pu dire que la « propriété c’est le vol » sûrement dans certain cas, cependant, en l’occurrence ces gens modestes qui sont quelquefois morts avant d’avoir fini de payer leur appartement, je crois qu’ils n’ont volé personne.
Je déplore aussi la montée de l’individualisme mais je ne crois pas hélas, qu’il s’agisse d’une affaire de génération. Je déteste le mot de communautarisme qui pour moi n’a aucun sens, mais pourquoi les beaux mots de solidarité de tolérance deviennent ils si rares ?
Cet article m’a bouleversée, il transpire la haine et la rancœur et colporte des on-dit. C’est trop facile en étant abrité par un lâche anonymat.
Quant à l’idéal ou la philosophie du père Thouvenin, si je respecte et estime l’homme que j’ai connu, je ne crois pas qu’il aurait adhéré à un quelconque culte de la personnalité. C’était un homme généreux, volontaire, sûrement pas un philosophe.
Il me semble que l’on peut se référer plutôt et d’une manière plus générale à des valeurs intemporelles que sont la solidarité, l’entraide, le respect des autres et de leur différence. C’est cela pour moi qui sous-tend l’esprit de l’habitat communautaire.
Je n’appartiens à aucune coterie, j’ai toujours essayé dans ma vie de respecter les autres et je suis profondément bouleversée par ce que je ressens comme un appel à la haine qui me rappelle d’autres temps.
Monsieur, votre article nous a profondément offensés. Il ne mériterait même pas qu’on s’attarde à la méchanceté vitriolée qui en émane ; mais comment vous laissez écrire de tels erreurs, mensonges et attaques sans réagir ? Deux textes parus dans votre journal ( signés Anne et Martine ) ont déjà réfuté plusieurs points de votre article. Néanmoins, la majorité des membres du conseil syndical de LA VILLA DES HAUTS-DE-BELLEVILLE, à son tour, souhaite exercer son droit de réponse :
« Deux générations s’affrontent. Celles des 30 glorieuses – à la tête du conseil syndical – et celle des années 1980, soucieuse de revenir à la philosophie du père Thouvenin. »
Si un certain nombre d’entre nous ont connu le père Thouvenin, ceux qui s’impliquent aujourd’hui, toutes générations confondues (« 30 glorieuses, années 1980 » et 2010) cherchent avant tout à faire vivre cet esprit participatif (fêtes communautaires, entretien du jardin, vestiaire collectif, ateliers créatifs…) certes insufflé par cet homme d’exception. Mais, c’était il y a plus de cinquante ans et le train LA VILLA DES HAUTS-DE-BELLEVILLE peut heureusement être pris en marche à tout moment par ceux qui partagent les mêmes valeurs, qu’ils aient connu ou non le père Thouvenin.
« Certains membres du conseil syndical profitent de leur position privilégiée pour se faire financer des travaux par la copropriété. »
Ces accusations sur la malhonnêteté de certains membres du conseil syndical – sans faits explicites, sans dates précises et sans preuve aucune -, relèvent plus de la presse à scandale que du travail documenté d’un journaliste digne de ce nom. Notre immeuble, Monsieur, dispose d’une assemblée générale garante d’un fonctionnement démocratique et, soyez assuré qu’elle ne manquerait pas de sanctionner immédiatement par son vote de tels « privilèges ».
« Refus de l’ouverture de l’immeuble aux Amap »
Des coopératives d’achats ont en effet déjà fonctionné dans notre immeuble et, aujourd’hui encore, des achats groupés sont proposés à chaque fin d’année. Quant à la distribution de produits d’AMAP dans nos locaux, elle relève exclusivement d’une décision d’assemblée générale qui n’aura lieu qu’en avril 2010. Nul n’a donc pu, à ce jour, opposer un quelconque « refus d’ouverture » car nul n’est en droit de le faire.
« Ils sont devenus propriétaires aisément (au moment de la loi Chalandon, les anciens avaient déjà pratiquement remboursé le crédit contracté pour la construction de l’immeuble) et obtenu les bénéfices du travail collectif de leurs aînés ».
Mais qui sont ces aînés ? En 1972, à l’époque de la loi Chalandon, la majorité des habitants était dans l’immeuble depuis 1958. Cette loi les a contraints, bien malgré eux, à devenir propriétaires ce qui, alors, était loin d’aller de soi pour eux.
Sur ces quelques points, et sur bien d’autres encore, pullulent erreurs, mensonges, attaques, etc. Bref, Monsieur, coupons court!
Davantage nous intéresse l’avenir. Certes, « une page de l’histoire de la Villa des Hauts-de-Belleville est en train de se tourner », mais comme tant d’autres avant et tant d’autres après, ni plus ni moins. C’est faire preuve d’un esprit tout aussi rétrograde qu’angéliste que de laisser croire que dans le temps, par le passé tout était rose.
Attachons-nous à construire plutôt qu’à démolir et à espérer plutôt qu’à regretter.
J.Armand,E.Avenel,G.Ayral,G.Canard,F.Chevalier,S.Falalandry,N.Olivero,F.Pedroni,D.Peters,B.Remer, J.Riqueur,L.Sebih,C.Thiam.
Menace sur l’espace vert protégé autour de la villa des Hauts-de-Belleville dans le 20e arrondissement.
Bien que protégé depuis 1992 par la ville, les espaces verts parisiens subissent de plus en plus de dommages :
En effet, pour seul exemple sur notre territoire :
- le cimetière de Belleville et la villa des Hauts-de-Belleville
ont déjà été partiellement déboisés lors de la tempête de 1999, sans replantage pour la plupart ;
- sur le côté nord de l’église Notre-Dame-des-Otages,
deux gros peupliers ont été arrachés lors du dernier ravalement et jamais remplacés ;
- sur la rue du Borrego,
il y a quelques années aussi, l’espace vert a été concédé par l’évêché à la société Bouygues pour y élever un immeuble : « Les Pastels ».
(Pour mémoire, c’est sur cet emplacement du parc des Otages que venaient, depuis les années 1970, s’initier à la culture potagère les enfants du quartier, bien avant que les jardins partagés ne soient à la mode.) ;
- sur l’espace situé près du cimetière et des réservoirs d’eau, à l’ouest de la villa,
Cet hiver, pour travaux de rénovation, ont été enlevés les gros peupliers, les essences qui peut-être les remplaceront mettront plusieurs décennies avant d’atteindre leur taille ;
Et les murs en pierre devant être refaits, ils ont été remplacés par du béton qui ne permet plus la nidification des oiseaux ;
- dans le parc des religieuses,
les gros marronniers, probablement malades, sont retirés les uns après les autres, l’un tout récemment encore, et non remplacés non plus ;
- Enfin, sur le terrain même de la villa des Hauts-de-Belleville,
Un projet est en cours d’élaboration pour faire voter à l’assemblée générale d’avril, le retrait de sept ifs pour motif esthétique.
Or, en période hivernale, ces arbres, les seuls qui restent verts toute l’année sont désormais :
* L’unique refuge (les arbres restant n’ont pas de feuilles et sont élagués) pour une multitude d’oiseaux (pies, corneilles, merles, ramiers, geais, moineaux, mésanges charbonnières et bien d’autres encore…) et dont nous ne sommes plus que quelques rares privilégiés à entendre les ébats et les chants !
* L’unique source de création d’oxygène.
Selon la réglementation, sur cet espace protégé, les arbres ne peuvent être retirés que s’ils présentent un danger ou sont malades et ce avec accord de la mairie Et, dans ces deux derniers cas, ils doivent être remplacés.
NOUS SOMMES DES PRIVILEGIES, NE DONNONS PAS LE MAUVAIS EXEMPLE,
RESPECTONS NOTRE PATRIMOINE VEGETAL ET ANIMALIER,
RESPECTONS LA LOI !