Nul n’est censé ignorer la loi. Les élèves de CM2 de l’école élémentaire du 236, rue de Belleville l’ont bien compris. Les lois, c’est même eux qui vont les rédiger.
Depuis 1994, le ministère de l’Éducation nationale et le président de l’Assemblée nationale organisent le Parlement des enfants. Cette année, l’un des 577 députés juniors sera issu de cette classe du 20e arrondissement. Vendredi 19 février 2010, la députée de Paris, George Pau-Langevin, est donc venue rappeler à ces citoyens en devenir ce qu’était un député.
Intimidés, voire impressionnés, les élèves n’ont pas pipé mot lorsque la députée est entrée dans leur classe. Mais, très vite, la curiosité prend le pas sur le reste et les enfants se prennent au jeu des questions-réponses. Le fonctionnement des institutions, le mode de désignation et les subtilités de la démocratie dans son ensemble… autant de concepts pas toujours facile à appréhender.
Le 5 juin 2010, Younès représentera sa classe en tant que député. Il prendra, le temps d’un jour, la place de George Pau-Langevin dans l’hémicycle du palais Bourbon. Il aura la responsabilité de proposer une loi et de poser une question au ministre de l’Éducation nationale… comme les grands. Cette année, les élèves ont choisi de légiférer sur les jeux dangereux des cours de récréation.
De nombreuses interrogations
« Les enfants éprouvent parfois certaines difficultés à bien comprendre les différentes fonctions des métiers d’élus de la République, le mode de désignation ou, par exemple, les divergences d’opinion », confie l’institutrice de la classe de CM2. « Il est donc très important de les inciter à comprendre la démocratie, ajoute t-elle, et ce type d’exercice permet de donner un cours d’éducation civique grandeur nature. »
Pour comprendre, les élèves n’ont pas hésité à faire part de leurs nombreuses interrogations sur la fonction. Allant des questions simples : « Depuis combien de temps faites vous ce métier ? Pourquoi exercez-vous cette profession ? Est-ce que cela est difficile ? »… à d’autres plus embarrassantes : « Vous aimez bien Nicolas Sarkozy ? » Réponse de l’élue socialiste amusée : « Disons que nous avons quelques divergences d’opinion. »
École élémentaire – 236, rue de Belleville, 75020 Paris



















