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Le chantier du tramway occupé par des grévistes sans-papiers

le 75020 .fr, journal web du 20eme arrondissement | Ecrit par gdarbord on oct 26th, 2009 | Rubrique: Economie. | Fil information du 20eme arrondissement par le flux RSS 2.0. du 75020 .fr

Les grévistes ont planté leurs tentes sur le chantier du T3 des deux côtés de l'avenue de la Porte des Lilas. Photo : G. Darbord.

Les grévistes ont planté leurs tentes sur le chantier du T3 des deux côtés de l'avenue de la Porte des Lilas. Photo : G. Darbord.

Depuis le lundi 12 octobre au matin, le chantier du T3 à la Porte des Lilas est occupé par une trentaine de grévistes sans-papiers. Ces hommes, intérimaires de la société Selpro, travaillent pour la Suburbaine (une entreprise de travaux publics sous-traitant d’ERDF qui œuvre sur le chantier de la ligne T3 du tramway). Ils étaient 24 au départ, rapidement rejoints par 6 autres travailleurs intérimaires sans-papiers de la société Selpro ou travaillant dans d’autres sociétés.

« Les gens du quartier sont très gentils »

Après deux semaines à tenir le piquet de grève, leur porte-parole reste motivé, même si la fatigue se fait sentir pour tous : « Aucun de nous n’est rentré chez lui depuis le début de l’occupation », affirme Dianka Sadio, « le syndicat Solidaires nous a apporté 14 tentes dans lesquels nous dormons à tour de rôle, 4 ou 5 heures par nuit ». « Heureusement, les gens du quartier sont très gentils, on nous a apporté de l’argent, des vêtements et de la nourriture, et la mairie du 20e nous a autorisé à utiliser les toilettes de la piscine Georges Vallerey. Et la police passe tout les matins pour vérifier que nous ne bloquons pas la circulation.»

Dianka Sadio est malien. Arrivé en France il y a 9 ans, il travaille depuis 8 ans pour Selpro, passant d’une mission d’intérim à une autre. «Les patrons savent bien que nous sommes sans-papiers quand ils nous embauchent. Ils ferment les yeux car ils ont besoin de nous et que c’est plus facile de nous exploiter. On ne peut rien dire de toute façon », se désole-t-il.

Avec ses collègues grévistes, ils demandent leur régularisation ou, à tout le moins, la mise en place par le gouvernement de critères de régularisation transparents et identiques dans toutes les préfectures de France. Car le mouvement ne s’arrête pas à la Porte des Lilas. Selon le Réseau éducation sans frontières (RESF) qui soutient les grévistes avec des syndicats (CGT, FSU, CFDT, SOLIDAIRES) et d’autres associations comme le MRAP, on compterait environ 3100 grévistes sur 42 sites différents un peu partout en France et principalement en région parisienne.

Dans le 20e arrondissement, RESF comptabilisait, en fin de semaine dernière, 20 grévistes intérimaires au sein de l’entreprise ENM/SPI (située rue Auger), 4 grévistes au magasin Thial Ly (rue d’Avron), et 8 autres dans l’entreprise de nettoyage Oxiplus, sous-traitant de la société DMMS (rue Pelleport). Ces derniers ont d’ailleurs été évacués des lieux dès le premier jour d’occupation.

Porte des Lilas,75020 Paris

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