
Sur cette photo de la Voie lactée, la Terre n'est pas plus grosse qu'un grain de poussière. Photo : A. Pelé
Dans le cadre de l’année mondiale de l’astronomie et jusqu’au 30 janvier, les visiteurs du Pavillon Carré de Baudouin sont invités à découvrir la beauté de l’univers à travers une exposition de photographies. Supernovas, nébuleuses, et galaxies s’offrent à nos yeux sous des couleurs éclatantes grâce aux observatoires basés sur Terre ou aux technologies embarquées dans le télescope spatial Hubble. Les photographies de ces objets célestes situés à des milliards d’années-lumière deviennent de véritables tableaux. « Lorsque j’étais enfant nous faisions des veillées d’étoiles. On essayait d’identifier la Grande Ourse. La splendeur du ciel m’a toujours interpellée. Mais ici on découvre une mosaïque de couleurs insoupçonnée », s’émerveille Mme Bonnet, habitante du 20e.

Des visiteurs regardent attentivement la nébuleuse de la Tête de cheval, située dans la constellation d’Orion à 1500 années-lumière. Elle a été découverte en 1888 par Williamina Fleming. Photo : A. Pelé
Se laisser surprendre
Dans une salle dédiée, les visiteurs munis de lunettes 3D (fournies gratuitement sur place) peuvent également observer les cratères de Mars, les reliefs de la Lune, ou encore les anneaux de Saturne. Enfin, il faut s’arrêter quelques minutes dans la pénombre de la salle de projection pour contempler une fois encore notre système solaire et prendre la mesure de son immensité. Une exposition à ne pas manquer.
![]() Olivier Marco, élu du 20e arrondissement, docteur en astrophysique et commissaire de l’exposition Univers au Carré. Photo : A. Pelé Olivier Marco :“Je souhaite éveiller la curiosité des visiteurs”Comment a été réalisée cette exposition? Nous disposions des plus belles images d’astronomie de la La FETTU* (From Earth to the Universe) avec lesquelles il devient possible d’organiser des expositions photographiques. Faisant partie du comité organisateur pour la France et en tant qu’élu du 20e, j’ai sollicité la maire de l’arrondissement pour mettre en place ce projet. J’ai proposé un intermédiaire, entre exposition scientifique et culturelle, qui a été retenue. Je souhaitais que cette exposition puisse être abordée par tous, même ceux qui n’avaient jamais fréquenté un musée des sciences. Le pari est réussi. Depuis le début de l’exposition nous avons atteint le seuil de 1000 visiteurs. Qu’avez-vous voulu montrer au public à travers cette exposition ? L’exposition présente uniquement des photographies mais pas d’informations scientifique sur l’Univers. Pourquoi ? L’idée n’est pas de donner de réponses à ces questions mais que le public se sente comme chamboulé en sortant de l’exposition. La démarche scientifique, par essence, éveille des questions. Je souhaite que les visiteurs aient l’envie d’en savoir un peu plus sur l’univers et qu’ils fassent la démarche d’aller consulter un ouvrage sur ce thème. Comment ont été prises les photographies exposées ? Une caméra, installée sur le télescope, permet de voir et de prendre des photos en noir et blanc des différentes lumières invisibles à l’œil nu. Il s’agit par exemple des rayons X, des infrarouges ou des ultraviolets. Les scientifiques choisissent donc un type de caméra en fonction de ce qu’ils souhaitent observer. On peut ainsi regarder séparément les étoiles, le gaz ou l’hydrogène. Les photos en noir et blanc sont récupérées et retravaillées sur un ordinateur. A la manière d’un calque, on combine les différentes images obtenues pour obtenir le résultat souhaité. Avec des calculs scientifiques, on peut restituer les couleurs. C’est le cas pour certaines photographies de l’exposition. De quels télescopes proviennent ces photographies ? Que pouvez-vous nous dire sur l’évolution des techniques d’imagerie ? Les images prisent avec des instruments plus modernes datent du XXe siècle. Les caméras électroniques et la photographie digitale ont été une petite révolution dans les années 1970 et 1980. Enfin, le télescope Hubble nous fourni depuis plus de 20 ans des photos d’une qualité exceptionnelle. A l’avenir, jusqu’où les télescopes pourront-ils voir dans l’univers? Le prochain grand télescope qui sera lancé dans l’espace est le James Webb Space Télescope. Il pourra voir encore plus loin qu’Hubble [ndlr: Le James Webb Space télescope sera lancé en 2014 à 1,5 millions de kilomètres de la terre et sera doté d'un miroir lui permettant de collecter une image 9 fois plus vite qu'Hubble.] Mais bien sur il y a des limites à l’observation de l’univers. Il s’agit là d’un calcul physique qui ne nous permet pas de voir l’univers à l’infini. *De la Terre à l’Univers (From Earth to the Universe: FETTU) est une collection d’images de l’univers exposées à travers 60 pays dans le monde dans le cadre de l’Année mondiale de l’astronomie en 2009. Olivier Marco est élu dans le 20e, conseiller d’arrondissement délégué “Propreté et traitement des déchets”. Il est également docteur en astrophysique au LERMA de l’Observatoire de Paris (Laboratoire d’étude du rayonnement et de la matière en astrophysique). Visiter le site présentant ses travaux scientifiques. |
Activités proposées au public autour de l’exposition
♦ Lectures le samedi à 14h30 :
Au 19e siècle, un traité d’astronomie signé de Camille Flammarion, était publié à destination du grand public. La Pluralité des mondes habités est l’ouvrage dans lequel il émet des hypothèses sur la présence de traces de vie sur les planètes du système solaire. D’autres grands scientifiques ont publié des ouvrages fondateurs dont le public est invité à découvrir des extraits. Des lectures de ces grands auteurs de l’astronomie (H. Reeves, C. Flammarion, J.P. Luminet) seront proposées chaque samedi à 14h30 par la Compagnie de théâtre Sigma.
♦ Conférences le samedi à 15h :
Des conférences gratuites accessibles à tout type de public auront lieu tous les samedis à 15h dans l’auditorium.
Samedi 23 janvier : Les étoiles doubles de Ptolémée à nos jours par Edgar Soulié de la Société astronomique de France.
Samedi 30 janvier : L’héritage du téléscope spatial Hubble par Olivier Marco de l’Observatoire de Paris.
♦ Pour les enfants :
Des ateliers, en semaine, autour des météorites (possibilité de les observer avec un microscope) seront proposés aux classes des écoles élémentaires et des collèges sur rendez-vous. Ils seront animés par Hélène Reyss de la Société astronomique de France. Une conférence pour les enfants, Le Système Solaire, animée par Dominique Dallery de la Société astronomique de France, est proposée sur rendez-vous.
Informations pratiques :
Exposition l’Univers au Carré Du 18 décembre 2009 au 30 janvier 2010
Pavillon Carré de Baudouin 121 rue de Ménilmontant – 75020 Paris
M° Gambetta – Bus 26 et 96, arrêt Pyrénées/Ménilmontant
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h – Entrée libre
Renseignements : 01 58 53 55 40
Pavillon Carré de Baudouin – 121 rue de Ménilmontant – 75020 Paris
Diffuser cette info sur votre Facebook











