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Vers la fin de la Miroiterie

le 75020 .fr, journal web du 20eme arrondissement | Ecrit par Basile Bonne on mar 14th, 2010 | Rubrique: Culture. | Fil information du 20eme arrondissement par le flux RSS 2.0.

Le tribunal d'instance de Paris a mis fin aux espoirs des résidents de la Miroiterie. Photo : M. Sanson

Le tribunal d'instance de Paris a mis fin aux espoirs des résidents de la Miroiterie. Photo : M. Sanson

C’est un jugement sans appel qu’a rendu, le 16 février 2010, le tribunal d’instance du 20e arrondissement. En condamnant les habitants de la Miroiterie à quitter les lieux sans délai et à verser 2800 euros d’indemnités par mois, à partir de mars 2009, la justice a donné raison au propriétaire des lieux. Dès le 14 Mars, fin de la trêve hivernale, les artistes qui font vivre cet espace sont susceptibles d’être expulsés.

Depuis plus de dix ans, le squat de la miroiterie, au 88, rue de Ménilmontant, est un haut lieu de la culture alternative parisienne, renommé notamment pour sa scène punk. Plus qu’une porte qui se referme sur des années d’animations culturelles, c’est aussi plusieurs artistes, peintres pour la plupart, qui vont être jetés à la rue.

Pour l’avocate des occupants de la Miroiterie, Me Florence Diffre, il est hors de question de s’arrêter à cette décision. Plus que le fond du jugement, c’est la forme qui a du mal à passer. Bien décidée à poursuivre les procédures pour obtenir la nullité du jugement pour défaut de motivation, elle ne se pourvoira pas en cassation toutefois.

« Un torchon »

Florence Diffre ne mâche pas ses mots pour exprimer son désarroi face à un jugement qu’elle qualifie de « torchon ». « Le juge n’a pas suffisamment et complètement répondu à nos arguments, c’est totalement aberrant », analyse-t-elle furieuse. Même si l’avocate comprend évidemment la volonté du propriétaire de récupérer son bien, elle dénonce le « manque de motivation dans la décision de justice et le fait qu’il n’y ait aucun projet d’exploitation du lieu par le propriétaire ». « J’ai développé un argumentaire de sept pages riche et varié pour tenter de convaincre les magistrats. La seule réponse qui nous a été donnée par la cour, c’est un jugement de vingt lignes. » « J’attaque pour demander la réappréciation du jugement », conclut Florence Diffre.

Habituée à défendre des squatteurs, l’avocate déplore le fait que les magistrats « ne vont pas assez loin dans les droits et responsabilités des uns et des autres dans ce genre d’affaire ». Affaires où les jugements ne jouent pas souvent en faveur des habitants. Derrière le cas de la miroiterie, se cache une autre difficulté : celle de la mairie de Paris à proposer des endroits viables et pérennes pour le développement artistique et culturel. Dimanche, un rassemblement de soutien à la Miroiterie est organisé.

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