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Conseil de quartier Belleville : l’insécurité fait débat

le 75020 .fr, journal web du 20eme arrondissement | Ecrit par Victor Legrand on fév 1st, 2010 | Rubrique: Politique. | Fil information du 20eme arrondissement par le flux RSS 2.0. du 75020 .fr

Mercredi 27 janvier au soir, pour le premier conseil de quartier Belleville de l’année, une centaine de personnes s’étaient réunies à l’école élémentaire du 1, rue Levert. Sandra Chelelekian, conseillère du 20e arrondissement, adjointe à la démocratie locale et participative, a co-animé la soirée avec Christian Tubeuf, président du conseil de quartier. Autour d’eux, une vingtaine de conseillers et d’élus font face au public.

Après un début de séance quelque peu fastidieux présentant l’organigramme type d’un conseil de quartier et le fonctionnement des différentes commissions, le débat entre conseillers et habitants a pu débuter. 40 minutes sous forme de questions-réponses.

Le premier conseil de quartier Belleville de l'année a été rythmé par des débats sur la propreté, l'insécurité, le marché des biffins et la vidéo-surveillance. Photo : V. Legrand

Le premier conseil de quartier Belleville de l'année a été rythmé par des débats sur la propreté, l'insécurité, le marché des biffins et la vidéo-surveillance. Photo : V. Legrand

Propreté et Insécurité

Et les demandes de paroles n’ont pas manqué. Les mains se lèvent, les questions fusent et l’organisation bat de l’aile. Un parent d’élèves joue rapidement les troubles-fête avec trois virulentes interrogations sur l’école élémentaire rue Levert : lieu d’accueil ce soir. Impatient et remonté, il s’insurge contre le manque de propreté et l’insécurité de l’établissement. « La nourriture est infecte. La rue Levert attend parfois plusieurs jours avant d’être balayée. La violence augmente dans cette école. J’ai peur pour mon enfant quand je l’emmène à l’école le matin. » Le ton est donné.

La réponse arrive quelques minutes plus tard : une nouvelle cuisine centrale sera livrée en juin 2011 pour stopper l’achat des repas à une entreprise privée. Les questions de violence et de propreté seront signalées à la mairie et aux services de propreté. « Le concept est simple : je reçois, je transmets », souligne Sandra Chelelekian. Les questions s’enchaînent. Certaines tournent autour des bureaux de poste, des problèmes de circulation, et toujours… la propreté et l’insécurité. La place des Grandes Rigoles et les prostituées au carrefour de Belleville sont en ligne de mire.

En conclusion du premier tour de dialogue, Danièle Hoffman-Rispal députée des 11e et 20e arrondissements s’est excusée de ne pas assister pleinement aux conseils de quartier. Elle venait d’être confrontée à des attaques répétées concernant son manque d’assiduité.

Marché des biffins

Le petit tour de chauffe participative achevée, les deux gros dossiers à l’ordre du jour peuvent être débattus. Le marché des biffins pose encore et toujours problème. La situation est exposée par Fabien Houiller, de la commission Cadre de vie du conseil de Belleville. « Le problème est de savoir qui sont les vrais biffins. Il y a ceux qui revendent des marchandises de récupération pour gagner quelques euros et les autres. Des receleurs qui écoulent une marchandise contrefaite », explique-t-il.

Peu convaincant pour un riverain excédé du boulevard de Belleville. « Les vrais biffins n’existent plus. Ça fait 25 ans que j’habite à Belleville, je suis moi-même chineur et je peux vous dire qu’il ne reste plus que des voyous », intervient le quinquagénaire. « Je ne peux plus rentrer chez moi, mon facteur s’est même fait agressé », ajoute sa voisine. Une autre femme intervient : « Je connais une vieille dame qui vend des objets sur le boulevard. Vendre de petites choses pour se faire quelques euros est une pratique culturelle pour elle. » La question divise.

Fabien Houiller enchaîne : « Les biffins demandent à être reconnus officiellement. Ils demandent des emplacements pour éviter une trop grosse concentration de personnes qui est la première cause d’insalubrité. » « La solution à court terme est l’intervention de la police pour délocaliser les faux biffins », souligne l’expert. Le ton monte. « Mais ils virent les vrais, qui n’ont pas le temps de fuir, et cassent leurs marchandises », s’emporte un riverain.

En attendant qu’une solution soit trouvée, la mairie demande toujours à la police de faire son travail et cherche encore une réponse sociale aux problèmes des biffins. L’expérience du carré des biffins du marché de la porte de Saint-Ouen est observée avec attention.

Vidéo-Surveillance

Le deuxième débat concerne la vidéo-surveillance. Un dispositif qui a reçu l’avis positif de la majorité socialiste à la mairie du 20e. La décision de mettre en place des caméras dans Paris revenant au Conseil de Paris. Une politique dénoncée par les Verts, les communistes et le Parti de gauche.

Dans la salle de l’école Levert, les opposants se font entendre. Pour une habitante du quartier, « Le problème est pris à l’envers. Les solutions viendront de la prévention et non de l’espionnage ». « Je me suis fait agresser plusieurs fois en rentrant chez moi, mais en aucun cas je ne souhaite voir la vidéo dans ma rue », précise-t-elle.

Pascal Joseph, adjoint à la sécurité et à la prévention à la mairie du 20e, prend la parole pour rappeler que sa mairie est « bien de gauche, si certains en doutaient ». Défendant la « vidéo-protection » il a été repris systématiquement en prononçant ces mots par des « Vidéo-surveillance ! » en provenance du public.

Beaucoup d’habitants sont ressortis sceptiques sur la possibilité d’influencer les grandes décisions qui impactent leur vie, ils jugeront de l’efficacité du système à l’occasion de la prochaine assemblée ouverte au public qui devrait intervenir dans quelques mois.

Victor Legrand

Lire le numéro de janvier 2010 du journal du Conseil de quartier Belleville

1, rue Levert, 75020 Paris, France

École élémentaire, 1, rue Levert, 75020 Paris

9 reponses pour “Conseil de quartier Belleville : l’insécurité fait débat”

  1. guix dit :

    Très bon article !!

  2. fasciste modéré dit :

    je dirais que la video surveillance est une solution qui a fait ses preuves. travaillant dans une commune des hauts de seine, il s’avere que l’installation de caméras a considérablement améliorée la sécurité en permettant l’interpellation des délinquants grâce a leur identification.
    la peur de la video surveillance, parce qu’elle porte atteinte à notre liberté est ridicule et ne peut émaner que d’un cerveau qui serait resté bloqué en 1968 lorsqu’il y avait 2 chomeurs et que la vermine capitaliste n’avait pas pris le contôle de nos vies.
    et puis il faut bien comprendre qu’il n’y a personne derriere les caméras. les images sont vue lorsqu’il y une plainte signalée.

  3. Seyha dit :

    Le jour où les caméras seront capables d’appréhender des agresseurs je serai pour…
    Pour l’heure, je doute qu’un voyou se préoccupe des caméras lorsqu’il commet son larcin !
    La solution pour Belleville elle se passe en ce moment même et ce n’est même pas insidieux… foutez des bobos et des caméras à la place de la populace… faites nous un Paris bien propre sur elle, avec 1 ou 2 miséreux pour la forme et Paris sera toujours Paris comme ils disent ! Mouais…

  4. challenge dit :

    Heureuse de lire cet article – je souhaitais participer a ce conseil et malheureusement pas pu pour des raisons professionnelles. Malheureusement je constate que je ne suis pas la seule a me plaindre des mêmes effets pervers de belleville : propreté – insécurite. Malheureusement cela ne date pas d’aujourd’hui. Les choses se sont légèrement améliorer mais… il reste une montagne a grimper. Passage vilin (entre couronnes et envierges) les jeunes y stagnent et les lumieres ne sont jamais remplacées, etc etc… les exemples sont nombreux. Et effectivement je suis partisante d’une prévention d’une action forte sur le terrain – j’ai des doutes sur la video surveillance. Et parfois j’ai l’impression d’etre considéré comme un habitant de 2nd zone, excepte pour le paiement des impots!

  5. Jean-Luc dit :

    J’habite très prés de l’endroit ou se tenait le marché des biffins. En tendant le bras j’aurais presque pu acheter depuis ma fenêtre. Et je ne me suis jamais senti en insécurité du fait de ce marché. Je ne suis pas au courant de tout ce qui se passe prés de chez moi, mais je n’ai vu aucun acte d’agression du au marché et je n’en ai pas entendu parler..

  6. Céline dit :

    Comment connaître les dates des conseils de quartier? La mairie n’informe pas là dessus…Serait-il possible de les faire apparaître sur le site du 75020 quand les dates sont connues?

  7. gdarbord dit :

    Les prochaines réunions publiques des conseils de quartier auront lieu :
    - Le 10 février 2010 pour le quartier Ménilmontant Amandiers
    à 19h, à l’école élémentaire du 9, rue Tlemcen

    - Le 11 février 2010 pour le quartier Réunion Père-Lachaise
    à 19h, à l’école élémentaire du 11, rue Lesseps

    Ces dates sont également disponibles sur le site de la mairie du 20e

  8. olive dit :

    « …la propreté et l’insécurité. La place des Grandes Rigoles … .. sont en ligne de mire. »
    Personnellement j’habite sur la Place des Grandes Rigoles depuis maintenant 3 ans et franchement autant on était emballé au début sur le quartier convivial, maintenant, on rigole plus. Tous les soirs, et ceux qui y habitent me rejoindront, le bordel, la place des grands miracles : bruits tous les soirs à pas d’heure, insultes, agressions des clients en terrasse de la brasserie, casses dans les épiciers alentours, stationnements sauvages et sonos à fond sur la place, bataille de feux d’artifices en juillet. Voilà notre calvaire. Alors moi je suis de gauche mais les bobos côté très gauches du quartier qui manifestaient il y a quelques mois facilement sur cette place pour dénoncer leur vidéo « surveillance » : vivez sur cette place avant de prendre partie et occupez vous de votre rue bien tranquille, mais pas du quartier ou de l’arrondissement dans sa généralité, la vidéo protection est pour moi malheureusement (le syndrome de big brother) la seule solution. C’est comme un contrôle parental mais ciblé. Vu qu’il y a plus de parents pour ses jeunots (j’évite le mot racaille puisque les bobos sont sensibles à la pratique de la langue de bois façon hypocrisie) qui trainent le soir parce que ces pauvres parents ont soit disant démissionné. Seulement quand les gamins des bobos se feront agresser ou dealer (parce que oui j’oubliai ça ce passe aussi sur cette place, les trafics en tout genre), ne venez pas vous plaindre à la mairie du 20ème ou son commissariat (et son forfait garde à vue).

  9. olive dit :

    Ah j’oubliais : « “Le concept est simple : je reçois, je transmets”, souligne Sandra Chelelekian » Si Mme CHELELEKIAN souhaite transmettre nos appels désespérés vers le commissariat qui de toute façon ne se déplaçera qu’après la fuite des fautifs (oui ils évitent de faire des rondes sur cette place, c’est trop dangereux), je vous suis, transmettez votre numéro de portable ! Bon concept ! Un conseil : mettez votre portable sur chargeur non stop parce que ce sera tous les soirs les appels. J’y penserai (de votre capacité d’écoute et d’action) lors des prochaines élections municipales !

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