
Un biopic inspiré de l'autobiographie de Waris Dirie (à droite sur l'image en compagnie de l'actrice Liya Kebede). Photo : Desert Flower Filmproductions
Les biopics sont décidément à la mode. Après Edith Piaf, Coluche, Françoise Sagan, Coco Chanel et plus récemment Serge Gainsbourg, le cinéma s’intéresse au destin hors norme de Waris Dirie. Ou l’incroyable parcours d’une fille de bergers nomades somaliens devenue top model international.
Excisée à l’âge de 5 ans, puis contrainte de fuir sa famille pour échapper à un mariage forcé à 13 ans, la jeune bergère se retrouve ensuite employée pendant six ans comme esclave domestique à l’ambassade de Somalie à Londres. Une vie de durs labeurs qui prend fin après sa rencontre, dans un fast food, avec un célèbre photographe de mode qui lui ouvre les portes du mannequinat et de la reconnaissance sociale.
Le choc des cultures
Ce véritable conte de fées évite cependant toute dérive larmoyante par sa mise en scène discrète et réaliste, voire un peu convenue, et par la drôlerie de certaines scènes. Le choc des cultures donne ainsi lieu à quelques gags savoureux, notamment à travers l’opposition entre la gravité de Waris et le côté fantasque et délurée de sa colocataire londonienne, incarnée par l’exubérante Sally Hawkins (récompensée par l’Ours d’argent de la meilleure actrice au festival de Berlin en 2008 pour son rôle dans Be Happy de Mike Leigh).
Contrairement à d’autres biopics, cette adaptation du roman autobiographique du top model ne s’appuie donc pas sur la performance d’un acteur en particulier, même s’il convient de saluer la qualité de l’interprétation de Liya Kebede, mannequin éthiopienne à la beauté renversante aperçue dans Lord of War et Raisons d’Etat.
Elle ne se contente pas non plus d’aligner les passages marquants de la vie de Waris Dirie sans les lier entre eux. L’histoire est à la fois construite et divertissante, intégrant naturellement son combat contre l’excision.
La lutte contre l’excision
C’est d’ailleurs la force du film de la réalisatrice germano-américaine Sherry Hormann, dont la sortie en France tombe à pic. Deux jours après la Journée internationale des droits de la femme, il rappelle que la lutte continue contre ces violences, intégrées dans certains pays comme des pratiques culturelles ou religieuses.
Impossible d’oublier cette scène bouleversante lorsque Waris réalise que, non, ce qu’elle a subi enfant n’est pas la norme, ni les cris insupportables de la fillette coupée à vif à l’aide d’une lame de rasoir. Une réalité qui dérange et doit continuer d’être dénoncée lorsqu’on sait que, selon l’ONU, près de 6 000 petites filles sont mutilées chaque jour à travers le monde.
Fleur du désert, de Sherry Hormann (2h04). Sortie le 10 mars 2010
Avec Liya Kebede, Sally Hawkins, Timothy Spall.
Au Mk2 Gambetta, tous les jours à 13h05, 15h50, 18h45 et 21h30. Séance supplémentaire les mercredis, samedis et dimanches à 10h30.



















